19/12/2013

Au camp de Lampedusa, où les détenus sont privés de leur humanité

Une vidéo filmée à l’intérieur du camp d’”accueil” pour migrants de Lampedusa en Italie a révélé les pratiques inhumaines qui se jouaient à l’intérieur de ces murs. Nous y voyons des hommes et des enfants forcés de se déshabiller en public avant d’être nettoyés au jet d’eau. Des voix se sont élevées pour qualifier ce centre pour ce qu’il est vraiment: un camp de concentration. Il n’y a strictement aucune nuance à apporter: c’est effectivement un camp de concentration, ni plus, ni moins.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, l’Europe qui avait subi l’innommable, meurtrie dans sa chair, s’était fait la promesse de ne plus jamais en passer par là. La construction de l’Union Européenne semblait être la réponse adéquate pour guérir tout un continent traumatisé par la barbarie ultime de la guerre et l’aider à ne plus jamais tomber dans l’horreur. Hors, en 2013, nous nous rendons compte que c’est bien à la faveur de la politique migratoire de l’Union Européenne que l’on entasse des êtres humains, dont le seul crime est d’avoir tenté leur chance pour une vie meilleure. L’Union Européenne qui, rappelons-le, est lauréate du Prix Nobel de la Paix, ne s’est pas embarrassée de promouvoir les Droits de l’Homme, elle s’est contentée de sophistiquer sa façon de les bafouer.

En remettant la tâche à des sous-traitants de jouer le rôles de gardes de la forteresse, elle veut peut-être faire illusion sur sa responsabilité dans ce genre ignominies, il n’empêche que tant que nous nous posons pas les bonnes questions sur la politique migratoire européenne et tant que nous ne dégageons pas de vraies solutions pour s’y opposer, nous sommes pas prêts pour s’en arrêter à ça. Ces adultes et ces enfants nus traités comme du bétail au centre de Lampedusa, subissent ce qu’ils subissent au 21ème siècle dans une Europe qui n’est même pas en guerre, qui bien qu’il y ait une crise économique, connaît une certaine paix sociale. Que se passerait-il si la crise s’aggravait ou si les clivages sociaux augmentaient encore un peu plus? On se mettrait à gazer des Roms et des Africains? Qui ici peut sérieusement affirmer que nous n’assistons pas là aux prémisses d’une nouvelle aire fasciste? Et qu’attendons-nous pour nous y opposer sérieusement?

Cette question ne concerne pas uniquement l'Union Européenne. La répression sécuritaire de la migration est une tendance tristement répandue. Au niveau suisse, au même moment où démarre la campagne pour l'initiative de l'UDC pour contrer l'"immigration massive",  réfléchir sérieusement aux implications humaines et morales de nos choix politiques ne serait pas un luxe.

Commentaires

Très bon article cependant comme répondu sur un blog étranger a trop en parler, le monde des infos-intox devient lobotomie sur de nombreux adeptes du numérique.Qui a force de lire les actus reprises en boucle par les TV préférent ne plus savoir ce qui se passe ni au sein de leur famille ni ailleurs
L'Allemagne en son temps abusa de la cruauté mentale grâce à sa propagande et ceux qui encore aujourd'hui se souviennent de cette époque sont peut-être aussi parmi ceux qui ont décidé de ne plus se prendre la tête inutilement
A trop booster le cerveau à coup d'info soit il se met en vrille pour parfois conduire au meurtre voir au viol ,soit les plus éveillés eux n'écouteront plus ce qui ressemble de plus en plus à du lavage de cerveau .Il suffit de lire le nombre de citoyens ayant visualisé les vidéos relatant toutes ces horreurs
On vit une drôle d'époque dans le temps tout l'alimentaire était interdit car supposé responsable de nombreux maux alors qu'on venait de sortir des années de restrictions alimentaires ,la religion mettait des interdits partout et ensuite la médecine s'arrogea le droit de restaurer une éducation New âge mélangeant la religion et les sciences alimentaires ,lavage de cerveau tout le monde ou presque y eut droit
Mais je ne condamne pas vos propos loin s'en faut et je vous souhaite de magnifiques fêtes de fin d'année

Écrit par : lovsmeralda | 19/12/2013

Les commentaires sont fermés.