29/10/2011

La mode éthique fait son show à Genève

Hier a eu lieu à Genève la 4ème édition de la "Ethical Fashion Night", rendez-vous annuel qui met à l'honneur une mode à la fois élégante et responsable (bio, équitable, durable). Histoire de dépoussierer quelques vieux clichés: s'habiller sans faire mal à la planète et aux travailleurs et sans pour autant arborer un style hippie ou ethno, c'est possible.

Or végétal, vêtements en coton bio, tissus qui durent dans le temps, frippes retravaillées, robes de mariée en toile de parachute, les bonnes idées n'ont pas manqué. Il est aussi à noter que les mannequins qui ont défilé étaient des hommes et des femmes au physiques très variés (parmi lesquels il y eu même une femme enceinte), plus proches de la moyenne des gens que les top models filiformes dont on a l'habitude sur les podiums.

Sachant que l'industrie de l'habillement est une des plus polluantes de la planète (engrais/pesticides de culture, colorants chimiques, carburant pour le transport) ainsi que la première génératrice de travail forcé, d'esclavage moderne et de travail des enfants, s'habiller éthique est loin d'être un choix anecdotique. Bien sûr il y a des compromis à faire: la frénésie du shopping, tant encouragée dans notre societé de consommation, n'est pas compatible avec ces valeurs de développement durable et humain; accepter d'acheter un article de bonne facture et produit dans des bonnes conditions à 50.- plutôt que 5 articles à 10.- qui ne dureront pas jusqu'à la prochaine saison.

En espérant que ces bonnes initiatives se multiplient!

(vous excuserez la mauvaise qualité des photos, ayant oublié mon appareil photo, j'ai du me contenter de mon téléphone portable!)

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10:26 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3)

27/10/2011

Si le monde était une banque, vous l'auriez déjà sauvé

Avec le mouvement des indignés qui gagne de l'ampleur à l'échelle mondiale (mais toujours pas à l'échelle genevoise malheureusement!), les 'signes extérieurs de révolte' prennent de nombreuses formes. Comme par exemple cette affiche scotchée sur le mur de la banque Safdié à Bel-Air:

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Cela m'a fait penser à un article paru il y a quelques jours sur Forbes et repris brièvement par le 20minutes où nous apprenions qu'une étude montrait qu'un noyau de 127 compagnies, essentiellement des banques, contrôlaient pour ainsi dire la totalité de l'économie mondiale et que 737 entreprises possédaient 80% de la fortune mondiale. Une extrême centralisation à la fois du décisionel et du matériel qui explique notre monde totalement aux antipodes de l'équité, de la justice et de la logique du bien collectif, puisqu'échappant pratiquement à tout contrôle démocratique... Jusqu'à quand?

16:38 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (6)

23/10/2011

A voté... deux fois!

Etre citoyen binational ou plus généralement multinational, c'est pas mal d'avantages pratiques: plus longue liste de pays accessibes sans visa, multiplication des occasions à festoyer (fêtes nationales,...), etc, etc. C'est aussi plus de responsabilités: en particulier cela implique de devoir remplir son devoir électoral envers plusieurs pays. Ce qui n'est pas forcément simple puisque pour peu que l'on ne souhaite pas négliger cette responsabilité, il s'agit de suivre de près sur le long terme le débat politique de plusieurs pays, d'appréhender les spécificités des différentes régions avec les précautions qui s'imposent sans tombe dans le piège du relativisme moral.

Etant trinationale (Egyptienne, Tunisienne et Suisse), j'ai un statut de votant théoriquement dans trois pays. Or, comme la Tunisie et l'Egypte ont été tout au long de ma vie que dictatures, la question ne se posait pas réellement. Je n'exerçait donc de fait mon vote qu'en Suisse.

Plus précisément, à la réception des convocations électorales de mes pays d'origine (à l'issue desquels le chef d'Etat "récoltait" 98% des votes au minimum), je savais que je n'avais pas de choix à faire et pas mon mot à dire. L'immense majorité des expatriés tunisiens décident par exemple de s'abstenir purement et simplement. Pour ma part, je ne m'abstenais pas, je votais blanc, acte symbolique de refus de cette mascarade électorale.

Aujourd'hui les choses ont changé: si malheureusement je ne peux participer aux votations/élections égyptiennes, du fait que pour l'instant, le vote n'est pas garanti aux Egyptiens de l'étranger, j'ai l'immense plaisir de pouvoir voter en tant que Tunisienne.

Ce week-end aura été très spécial pour moi: en effet, j'ai pu voter tour à tour pour les élections de l'Assemblée Constituante tunisienne et pour les élections fédérales suisses. Je ne me suis pas sentie tiraillée, ni prise dans des contradictions ou une moindre 'schizophrénie'; je connais mes valeurs et ce sont elles qui ont dirigé mon choix dans un cas comme dans l'autre. J'ai déposé deux bulletins de vote, les deux pour les mêmes raisons et les mêmes idées et au final pour des partis politiques localisés à peu près au même endroit sur l'échiquier politique.

Au bureau de vote tunisien (à Genève le bureau de vote a été monté dans une salle de l'hôtel Warwick), les Tunisiens ont afflué en nombre, heureux et fiers de participer à ce scrutin qui était, il faut le préciser, extrêmement bien organisé, à la fois en Tunisie et à l'étranger. Il n'y aurait pas, il semble, de problème majeur à signaler, et ce malgré une affluence record (en Tunisie, il fallait compter parfois 2-3h dans les files d'attente pour accéder aux locaux).

Pour ce qui est des détails plus "techniques", les votants ont été marqués avec de l'encre bleue sur l'index gauche après avoir déposé leur bulletin. D'ailleurs, beaucoup d'entre nous voulaient leur photo souvenir avec leur index bleu pointé, et ces images ont fleuri par milliers sur facebook et twitter. Pour ce qui est de la supervision de la procédure, j'ai vu dans un coin de la salle plusieurs observateurs accrédités qui suivaient avec intérêt l'activité.

Pour ce qui est des votations fédérales, le recul des scores de l'UDC n'est pas une moindre satisfaction. J'espère que cette tendance se renforcera au cours des années futures. Mais ce n'est pas moi qui vais vous apprendre grand-chose sur les élections fédérales, étant donné que nous venons tous ensemble de vivre l'évènement de l'intérieur.

 

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23:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)