04/10/2011

Du culte de la maigreur au culte de la rondeur: les mentalités ont-elles réellement évolué?

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Toutes celles qui comme moi ont été rondes dans les années 90 vous le confirmeront: Dieu qu’il était difficile de s’habiller à cette époque! C’était simple: dans les rayons, pratiquement rien au delà des tailles 42, et le peu d’articles de grande taille qu’on pouvait y trouver ressemblaient plus à des tentes de camping ou des rideaux aux motifs proprement hideux qu’à des vêtements taillés pour être portés par des êtres humains. La femme ronde (grosse, obèse, etc) n’avait pas le droit non plus à l’expression d’un style propre au travers de son habillement: tout se ressemblait, informes uniformes dont la seule fonction semblait être de devoir cacher ces infâmes corps que nous ne voudrions voir.

Puis à l’aube des années 2000 se produit un changement notable: H&M et sa ligne “Big & Beautiful”, Bodyshop et sa voluptueuse Barbie, Oprah Winfrey et ses émules et leurs talk shows, on parle des mannequins qui se droguent pour ne pas manger et on voit des reportages sur les ados anorexiques. Tout ceci parce qu’on a subitement compris que le culte absolu de la minceur non seulement prive les industriels d’un grand nombre d’acheteuses potentielles, mais qu’en plus il est accusé de causer des tas de mal-êtres de femmes dans les monde. Alors on promeut la diversité des formes et des physiques, la féminité multiple. On nous ressort des vieilles théories sur les canons de beauté préhistoriques, petites statuettes de corps pleins de bourrelets à l’appui.

En apparence, les mentalités ont tellement changé au point qu’il est devenu aujourd’hui très courant d’entendre dans une conversation “Une vraie femme avec des rondeurs, c’est plus beau qu’un sac d’os/qu’une planche à pain!“. Sauf que sous ses airs banalement libérateurs pour la femme ronde, le nouveau lieu commun est une jolie insulte à toutes les femmes, grosses ou minces. En effet, en quelques mots, cette phrase nous apprend:

  1. qu’il existe des vraies femmes et des fausses femmes.
  2. que la différence entre les vraies et les fausses se situe uniquement au niveau de l’aspect extérieur: seins, fesses, etc. La question mérite d’être posée: à partir de quel bonnet de soutien-gorge est-on une femme à part entière?
  3. que celles qui sont dépourvus d’attribut proéminents sont non seulement éradiqués de la gente féminine, mais également du genre humain dans son ensemble, réduites qu’elles sont à bien tristes objets: planche à pain, sac d’os, table de repassage, au choix.

La multiplication de ce genre d’affirmations, sur les rondeurs, sur le dit “diktat de la mode” ou sur les “magazines féminins” ne peut que nous consterner. La condition féminine a tant stagné entre les 20ème et 21ème siècles, qu’aujourd’hui comme hier et comme avant-hier, on ne veut voir d’une femme que son aspect physique, sa plastique, sa beauté, quels que soient d’ailleurs la façon dont est définie cette beauté. Ce regard superficiel sur la condition féminine prévaut certainement parce qu’il ne fait que reprendre une perspective masculine. Parce qu’il ne faut pas s’y tromper, lorsque l’on dit que “les hommes préfèrent les rondes” ou que “la femme est l’avenir de l’homme” , il ne s’agit que de valider la valeur des femmes par rapport à ce qu’elles peuvent apporter aux hommes, comme si toute la dignité qu’une femme pouvait recueillir de sa vie, c’était d’être un réceptacle fécond et bien agréable à regarder.

Du culte de la minceur ou du culte de la rondeur, décidément, l’évolution des mentalités n’a pas encore eu lieu. Au mieux avons nous eu droit à la remise au goût du jour des mêmes vieux clichés sexistes. Pour s’en défaire, il va falloir aux femmes adopter une posture ferme: ne laisser personne les diminuer dans leur féminité, quelles que soient leurs mensurations, quel que soit leur aspect extérieur.

Commentaires

A partir d'un certain âge on adopte l'attitude suivante qui devrait aider les plus jeunes,on est comme on est si cela ne plait pas tant pis,pourvu qu'on ait du plaisir à se trouver bien, le reste on s'en balance carrément ,bien entendu on ne parle pas obésité parceque là les médias savent comment prendre votre estomac en otage.Il suffit d'allumer la TV on nous gave d'émissions de cuisine,alors vos frais médicaux en cas de surpoid ,demandez à votre médecin de les envoyer à la TV romande ou à une autre chaine,on comprend d'ou viennent en grande partie les problèmes liés à l'obésité chez beaucoup de jeunes et moins jeunes aussi.

Écrit par : caramel | 04/10/2011

bonjour,

oui en effet j'ai constaté qu'avec le temps, ce qui m'obnubilait à 18ans a presque disparu à 28ans. On vit mieux sa "différence". Ceci dit le problème va au-delà d'un problème d'image personnelle, il s'agit bien d'un problème global concernant la facon dont la societé met des critères esthétiques aux femmes... à une époque ce sera la minceur à la mode, à une autre la rondeur à la mode, mais en gros ce qui reste constant, c'est que chaque époque trouve une nouvelle façon de "conditionner" les femmes à être femmes d'abord par l'apparence, et après seulement par l'intérieur. je pense qu'il faut combattre cette tendance.

Écrit par : ielshikh | 04/10/2011

Vivre mieux sa différence en étant gros. Ca veux plus rien dire actuellement tous le monde est trop gros.
C'est bientôt les minces qui seront différents.
On ne pense qu'a se faire plaisir, la bouffe, le farniente, les heures devants les écrans qui nous intoxiques de pub de bouffe avant que nous nous intoxiquions de bouffe. Si tu bouge ton corps, tu marches, tu cours, t'es nul.
Transport publiques à tous les coins de rue. Escalator, portes automatiques, vitres électriques. L'effort est banni, on fabrique des handicapés du mouvement.
L'ère des feignasses a commencé alors plutôt que de se reprendre en mains on préfère se trouver beau tel que l'on est. C'est pas une mode c'est un afessement généralisé.

Écrit par : L' Amer Royaume | 04/10/2011

@L'Amer Royaume beaucoup de gens ont un surplus de poid lié uniquement au stress ceux et celles qui ont gardé leur poid de leur 20 ans après 60 ans ont le droit de se dire ,on est comme on est et vous lisant on peut juger de l'effet de cette phrase.Ne vous en déplaise ceux qui ont joie à répéter en chantant ces mots eux n'ont jamais eu de voiture,ni TV et encore moins d'escalators ou ascenseurs pour se permettre de se plaindre mais là, je vous donne raison rire
Parcontre une chose est sûre ne jamais suivre la mode est aussi un art de vivre qu'il faut apprendre à cultiver
La médecine c'est comme la bible il faut savoir lire entre les lignes et rester responsable de son corps qui n'est pas venu sur terre pour plaire à papa ou maman non plus,car c'est trop souvent le cas,le fameux jeu du miroir parental étant souvent causes de déceptions chez beaucoup d'enfants
bonne journée à vous

Écrit par : caramel | 05/10/2011

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