28/09/2011

A Genève, on fait la chasse aux petits délinquants, pas aux grands

Alors que je profitais d'une après-midi ensoleillée en ville, le hasard mena mes pas vers le jardin anglais. Je fus très surprise de voir plusieurs affiches étranges collées sur des réverbères à proximité de l'Horloge Fleurie. En effet, ces affiches étaient des mises en gardes contre l'arnaque du jeu du bonneteau, ce jeu où les passants sont interpellés pour designer la bonne carte parmi les trois qui ont été habilement mélangées et interverties sous ses yeux.

Certes, ce n'est pas très agréable de se faire arnaquer au jeu du bonneteau ou à un autre jeu, ou encore de se faire piquer le porte-monnaie dans le bus. Mais je constate une tendance de plus en plus marquée à Genève qui me dérange: une colère contre cette forme de petites arnaques, souvent disproportionnée par rapports aux risques réels encourus, et en parallèle une indulgeance, une tolérence, presque infinie pour la grande arnaque, celle qui consiste par exemple à blanchir de l'argent sale, faire de la fraude/évasion fiscale ou faire du business avec des dictateurs. On trouve des affiches pour mettre en garde contre les joueurs du jeu du bonneteau, mais je n'ai encore vu aucune affiche pour me mettre en garde contre les manipulations frauduleuses des banksters.En pleine crise du franc fort, n'a-t-on pas pourtant sous les yeux la preuve flagrante que nos vies paisibles sont menacées par haut et non par le bas?

On trouve 1000 justifications pour les grandes arnaques systémiques et les arnaqueurs en costard cravate, mais on jette la pierre aux auteurs des petits délits sans penser toujours aux raisons qui ont pu les pousser à commettre ces délits.

Ces affiches sur le jeu du bonneteau m'ont rappelé une fois de plus qu'on ne "tape" pas sur celui qui se conduit le plus mal, mais sur celui qui a le moins les moyens de riposter.


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13:49 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5)

20/09/2011

Athlètes féminines: femmes objet vous serez!

Ce week-end, j'ai dû sacrifier mes grasses matinées au rugby, coupe du monde oblige. Je regardais le journal sportif de France Television diffusé après le France-Canada. La majorité du journal fût consacré au rugby, puis vinrent quelques titres relatifs à d'autres sports (football, etc). Comme d'habitude, on ne parle que de sportifs masculins. Puis - ô miracle - un reportage sur des sportives féminines, les basketteuses lyonnaises. Leurs derniers exploits? Leurs résultats en championnat? Que nenni... leur nouvelle tenue. Les demoiselles laissent tomber le short pour une robe.

 

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En soi, la tenue, ou le fait de parler de la tenue n'a rien de problématique. Ce qui l'est, en revanche, c'est de n'avoir droit aux nouvelles du basket féminin que pour entendre parler des tenues, et pour rien d'autre.

Le sport est réputé pour être un monde machiste; c'est certainement vrai. Trop longtemps, les sportives féminines ont souffert du désintérêt du public, des médias et des sponsors pour leurs exploits. Elles ont souvent souffert d'étranges a prioris, souvent de la part de personnes qui n'ont jamais même fait l'effort de regarder une seule fois un match de football ou de basket féminin. En conséquence, vivre de son sport, ça n'a pas toujours été facile pour une sportive.

Pour ne pas être pessimiste, avouons qu'on a quand même fait du chemin en la matière, même s'il reste beaucoup à améliorer. Comment se fait-il par exemple que nous ayons droit à près de trois semaines de retransmissions en direct et en intégral des étapes du Tour de France masculin alors qu'on voit à peine passer une image ou deux de la discipline cycliste féminine, à tout hasard, quand les rédactions sportives ne savent pas avec quoi remplir les deux dernières minutes d'antenne?

Même dans les rares sports féminins qui ont atteint une visibilité médiatique conséquente, comme le tennis, le machisme continue à frapper très fort. En effet, les athlètes féminines sont devenues les nouvelles femmes objet de leur sponsors et de nos medias (magazines, internet,...). Les campagnes de publicité et les séances photos les représentent généralement dans les tenues légères et les poses très suggestives  caractéristiques du soft porn. En comparaison, les athlètes masculins sont généralement représentés dans leurs tenue de sport ou en costume. Les rares athlètes masculins se prêtant au jeu de l'image médiatique sexualisée (comme David Bekham ou les 'Dieux du Stade') le font de manière individuellement voulue et recherchée; pour les femmes athlètes un tant soit peu connues c'est un peu devenu le passage obligé pour exister publiquement...

Alors je me demande: au final, la femme sportive devient une femme objet parce que les communicants veulent nous vendre cette image, ou parce que nous, public, ne cherchons jamais à "acheter" autre chose d'une femme publique (sport, cinéma, etc) que son apparence physique?

PS: quelques exemples de clichés d'athlètes féminines (la footballeuse Hope Solo, les tenniswomen Serena Williams, Maria Sharapnova et Caroline Wozniaci) et masculins (notre Roger Federer, Thierry Henri, Tiger Woods, Michael Schumacher et Usain Bolt) pour illustrer la différence.

 

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