20/09/2011

Athlètes féminines: femmes objet vous serez!

Ce week-end, j'ai dû sacrifier mes grasses matinées au rugby, coupe du monde oblige. Je regardais le journal sportif de France Television diffusé après le France-Canada. La majorité du journal fût consacré au rugby, puis vinrent quelques titres relatifs à d'autres sports (football, etc). Comme d'habitude, on ne parle que de sportifs masculins. Puis - ô miracle - un reportage sur des sportives féminines, les basketteuses lyonnaises. Leurs derniers exploits? Leurs résultats en championnat? Que nenni... leur nouvelle tenue. Les demoiselles laissent tomber le short pour une robe.

 

Lyon-BF-en-robe-07.jpg

 

En soi, la tenue, ou le fait de parler de la tenue n'a rien de problématique. Ce qui l'est, en revanche, c'est de n'avoir droit aux nouvelles du basket féminin que pour entendre parler des tenues, et pour rien d'autre.

Le sport est réputé pour être un monde machiste; c'est certainement vrai. Trop longtemps, les sportives féminines ont souffert du désintérêt du public, des médias et des sponsors pour leurs exploits. Elles ont souvent souffert d'étranges a prioris, souvent de la part de personnes qui n'ont jamais même fait l'effort de regarder une seule fois un match de football ou de basket féminin. En conséquence, vivre de son sport, ça n'a pas toujours été facile pour une sportive.

Pour ne pas être pessimiste, avouons qu'on a quand même fait du chemin en la matière, même s'il reste beaucoup à améliorer. Comment se fait-il par exemple que nous ayons droit à près de trois semaines de retransmissions en direct et en intégral des étapes du Tour de France masculin alors qu'on voit à peine passer une image ou deux de la discipline cycliste féminine, à tout hasard, quand les rédactions sportives ne savent pas avec quoi remplir les deux dernières minutes d'antenne?

Même dans les rares sports féminins qui ont atteint une visibilité médiatique conséquente, comme le tennis, le machisme continue à frapper très fort. En effet, les athlètes féminines sont devenues les nouvelles femmes objet de leur sponsors et de nos medias (magazines, internet,...). Les campagnes de publicité et les séances photos les représentent généralement dans les tenues légères et les poses très suggestives  caractéristiques du soft porn. En comparaison, les athlètes masculins sont généralement représentés dans leurs tenue de sport ou en costume. Les rares athlètes masculins se prêtant au jeu de l'image médiatique sexualisée (comme David Bekham ou les 'Dieux du Stade') le font de manière individuellement voulue et recherchée; pour les femmes athlètes un tant soit peu connues c'est un peu devenu le passage obligé pour exister publiquement...

Alors je me demande: au final, la femme sportive devient une femme objet parce que les communicants veulent nous vendre cette image, ou parce que nous, public, ne cherchons jamais à "acheter" autre chose d'une femme publique (sport, cinéma, etc) que son apparence physique?

PS: quelques exemples de clichés d'athlètes féminines (la footballeuse Hope Solo, les tenniswomen Serena Williams, Maria Sharapnova et Caroline Wozniaci) et masculins (notre Roger Federer, Thierry Henri, Tiger Woods, Michael Schumacher et Usain Bolt) pour illustrer la différence.

 

Hope solo.jpgserena.jpgmaria-sharapova-modeling-pictures-3.JPGcaroline-wozniacki-hot1.jpg













06gillette.jpgomega-watches-Michael-Schumacher.jpgUsain_Bolt_Puma.jpg

 

 

Commentaires

Dommage que vous ne citiez point les vedettes de l'athlétisme comme les sauteuses en longueur ou en hauteur qui ne sont encore point des femmes objets.
Ne vous en déplaise se sont souvent de très belles femmes que l'on regarde avec un plaisir évident surtout lorsqu'elles se dépassent dans leur performances individuelles car même si elles ne sont pas sur la haute marche du podium elles sont heureuses et fières d’elle-même.

Écrit par : Hypolithe | 21/09/2011

Bonjour,

Il ne s'agit point de "stigmatiser" les femmes athlètes ni de diminuer leurs performances. Au contraire, en grande amatrice de sport au féminin, je ne fais que déplorer le fait que les médias ne font aucunement justice à ces athlètes talentueuses en sous-représentant (en terme de temps d'antenne) la visibilité des épreuves sportives féminines, alors que leurs sponsors leur forgent, à travers les campagnes publicitaires, une image largement plus érotisée que pour leurs alter egos masculins.

Au final c'est déplorer ce même machisme dont souffrent la plupart des femmes publiques: par exemple pourquoi est-ce que l'apparence physique des femmes politiques est beaucoup plus commenté que celle des hommes politiques?

Écrit par : ielshikh | 21/09/2011

@ ielshikh
Désolé mais je n'ai jamais vu d'images érotisées pour les sauteuses en longueur et en hauteur. Le fait qui m'intéresse est de voir leur visage rayonnant de bonheur.

Pour le temps réservé à certaines épreuves féminines il faut vous adresser aux rédacteurs sportifs des télés. C'est vrai qu'ils nous montrent pendant des heures les musculatures, les cuisses, les grosses culottes des soeurs Williams à mon humble avis c'est un choix dicté par les spectateurs ou par les retombées publicitaires.

Quant aux politiciennes vous ne pouvez pas nous faire croire qu'Angela Merkel est un canon de beauté. En Suisse, nous avons plusieurs belles et sympathiques politiciennes au Conseil national. La TSR et la DSR ne manquent pas une occasion de nous les présenter.

Écrit par : Hypolithe | 21/09/2011

Hypolithe: vous trouvez donc que la couverture médiatique des sports féminins est suffisante?

Je veux bien vous croire qu'il est très réjouissant de regarder les exploits des sauteuses en longueur et hauteur, puisque lorsque j'en ai l'occasion je ne me prive pas de regarder les épreuves d'athlétisme... cependant pouvez-vous affirmer que ces athlètes sont connues du grand public et ont atteint la pleine reconnaissance qu'elles méritent ce uniquement pour leurs performances? Personnellement, je déplore que le journalisme sportif ne fasse pas justice à ces athlètes hors du commun en sous-représentant les disciplines féminines à la télé.

Quant aux publicitaires, ils ne font qu'utiliser le vieux truc qui marche toujours aussi bien, utiliser le sexe pour vendre. Un vieux truc qui a toujours été utilisé plus fréquemment au féminin qu'au masculin.

Pour en revenir à Angela Merkel, cette femme s'est hissé vers le haut de l'Etat grace à une volonté exceptionnelle et un ensemble de qualités que personne ne peut lui disputer. Cependant, malgré ceci, elle n'a pas échappé totalement aux remarques sexistes. peut-être n'avez-vous pas lu la presse germanique à l'époque où tous les journaux ont commenté le décolleté qu'arborait la chancelière à l'occasion d'une sortie au théâtre ou l'opéra. Il n'y a pas très longtemps, ce cher M. Berlusconi a traité Mme Merkel d'"inbaisable"... pour des commentaires à caractère sexuel désobligeants pour une femme politique, il ne faudra pas creuser très loin pour en trouver, pour un homme politique, il faudra au minimum un comportement sexuel exubérant ou des affaires de moeurs portées à la justice pour que les rédactions et les citoyens en parlent...

Bref l'ensemble est un système où médias, publicitaires et public tendent à focaliser plus que de raison sur la dimension érotique du corps de la femme, même quand le contexte rend cela inapproprié. Je pense qu'il n'est pas vain de tous nous interroger sur ces mécanismes sociaux dont nous sommes autant 'victimes' que 'faiseurs'.

Écrit par : ielshikh | 21/09/2011

@ ielshikh
Parmi les femmes politiques suisses je pense qu'il serait incorrect de parler du sex-appeal de madames Pascale Bruderer, Géraldine Savary ou de Isabelle Moret car avec ces représentantes de la gente féminine nous avons affaire à des femmes de caractère capables de défendre des dossiers et de fermer le bec aux quelques machos squattant les strapontins du Palais fédéral. Soyons honnête voilà de vénérables et sympathiques dames qui ne se prêteront jamais aux turpitudes des publicitaires.

A noter que je suis toujours admirateur d’une étoile déchue que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Neuchâtel, il s’agit de Madame Valérie Garbani. Ah! Les médias romands lui ont fait sa fête. Actuellement les pisse-virgules de service rongent leurs freins parce qu’elle ne fait plus de vagues et ne défraie plus la chronique par ces excès verbaux et autres.
Merci de vos réponses pimentées.

Écrit par : Hypolithe | 22/09/2011

Les commentaires sont fermés.